Le phénomène de l’édition prédatrice a à présent près d’une quinzaine d’années. D’abord présenté comme un fait divers du marché de l’édition scientifique, il représente aujourd’hui par son ampleur et son évolution rapide, un problème de grande actualité.
La littérature regorge d’articles sur la question ; leur nombre a considérablement augmenté ces dernières années, mais contient une grande partie de « Point of view » ou d’« Opinion Papers ». En revanche, il existe à ce jour peu de recherches – à proprement parler – menées sur le phénomène avec des approches scientifiques objectives, visant à décrypter les mécanismes et les dynamiques du phénomène.
Or, le phénomène a évolué et ne se présente plus toujours de la même façon qu’à ses débuts ; les logiques de la prédation ont muté et elles développent de nouvelles stratégies qui nous semblent importantes à comprendre, car elles participent à un paysage de la communication scientifique en mutation. En décryptant ces nouvelles logiques, nous nous penchons également sur des mouvements de fond, révélateurs des régulations en train de se faire.
Cette hypothèse, a d’abord été testée dans le cadre d’un projet tutoré mené par les étudiants de licence pro DIST de l’UCBL. Le travail réalisé par les étudiants a permis de la conforter tout en nous engageant ainsi à mener une recherche, qui prendra en compte le terrain français, pour lequel la littérature reste silencieuse.
Objectifs de l’étude
L’objectif de Papers est double :
D’abord, il s’agit de rendre compte du phénomène Predatory Publishing, tel qu’il est présent dans le quotidien des chercheurs, tous domaines confondus. Papers vise à identifier le niveau de connaissance, les formes de représentation et les retours des chercheurs qui ont publié dans une revue prédatrice, en toute connaissance de cause ou pas.
Ensuite, Papers vise analyser les mécanismes par lesquels des éditeurs dits « prédateurs » ont réussi à mettre un pied dans le milieu de l’édition scientifique « légitime ». Il s’agit donc de comprendre par quels mécanismes ces éditeurs qualifiés de « Grey Publishers » sont parvenus à susciter l’adhésion chez les chercheurs pour que ces derniers soumettent leurs articles à leurs revues.
Papers vise donc à constituer un « snapshot » de l’état du phénomène Predatory Publishing pour mieux le discuter en regard des mutations de l’édition scientifique en transition vers l’Openness.