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Pour en finir avec les analyses “isolationnistes” de la prédation dans le champ de la publication scientifique

Pour mieux comprendre le phénomène des revues prédatrices, la prise en compte du champ social dans lequel elles s’insèrent est indispensable. Il apparaît ainsi que le phénomène de la prédation dans le champ de la publication scientifique n’est que l’extension des territoires de la cybercriminalité. Des questions d’ordre sociales et géopolitiques inaudibles avec la publication légitime deviennent mieux perceptibles à cause – ou grâce ? – au phénomène de la prédation. 

Mots clés : Editeurs prédateurs, Revues prédatrices, SPAMS, SCAMS, Cybercriminalité 

Le traitement médiatique qui est fait des « revues prédatrices » et des « éditeurs prédateurs » relègue quasi systématiquement le phénomène au registre du scandale ou de l’outrage. Le vocabulaire utilisé est parfois digne des tragédies grecques, annonçant avec force formules et de jeu de mots la “fin du monde” pour la science et ses valeurs mertoniennes (Merton, 1973).

La prédation est présentée comme LE fait qui anéantit la légitimité des sciences et la confiance que l’on peut avoir dans les scientifiques. Comme si la fraude n’avait jamais existé en science, comme si la science était un champ étanche dépourvu d’ancrage social, et comme si les chercheurs n’étaient pas des êtres humains comme les autres. Il y a manifestement encore beaucoup à faire en matière d’évolution des représentations.   

Il est vrai que le sujet est vendeur. Les articles de presse, les billets de blog et les articles d’opinion sur le phénomène ont acquis une visibilité telle qu’ils sont à présent intégrés dans les bibliographies des premiers articles de recherche (sérieux) sur le phénomène. Les journalistes généralistes s’en emparent de manière parfois purement opportuniste, conscients du « buzz » qu’ils vont pouvoir obtenir. La figure du lanceur d’alerte est souvent mobilisée, pour mieux capter l’attention du public. En miroir, les articles de presse écrits par les journalistes scientifiques sont de véritables analyses qui invitent à la réflexion (Larrousserie, 2018).

Outre le fait d’être vendeur, crier au scandale permet de porter un discours moralisateur et simpliste du phénomène de la prédation, qui identifie les “méchants” d’un côté, et les “gentils” de l’autre, la vraie science d’un côté, la fake science de l’autre. Cela permet aussi d’éviter de démêler l’écheveau complexe de la problématique de la prédation que l’on commence seulement à traiter : domination de la publication par les pays du Nord, incapacité des chercheurs du Sud à publier dans les revues “mainstream”, domination de l’anglais au détriment du multilinguisme vecteur de visions plus diversifiée du monde, ou bien exacerbation de la règle du “publish or perish” par sa nouvelle version “publish fast or perish” (Boukacem-Zeghmouri, 2022).

Pourtant, à y regarder de plus près, la prédation dans le champ de la publication scientifique est peut-être la meilleure preuve que la science est bien dans la société. Elle est symptomatique de la nature et des formes de capillarités par lesquelles la numérisation en cours de la société (Miège, 2020) touche la sphère scientifique et favorise le prolongement – ou la reformulation – des enjeux socio-économiques et socio-politiques de la science. Elle offre également, via des espaces numériques, de nouvelles possibilités d’observation de ces relations et de leurs enjeux. 

Définition admise de la prédation dans la publication scientifique : « Predatory journals and publishers are entities that prioritize self-interest at the expense of scholarship and are characterized by false or misleading information, deviation from best editorial and publication practices, a lack of transparency, and/or the use of aggressive and indiscriminate solicitation practices » (Grudniewicz, 2019).

L’effet Marabout

Les messageries forment précisément un des espaces numériques dans lequel la question de l’observation mentionnée plus haut peut se pratiquer. Et les mails sont donc des vecteurs particulièrement révélateurs des stratégies employées.

Des travaux se sont déjà penchés sur ces mails, communément considérés comme des SPAM. Les approches ont été essentiellement quantitatives, mesurant le nombre et la fréquence pour mieux rendre compte de la nuisance et du caractère chronophage de leur « gestion » quotidienne. Les études soulignent également le risque que ces SPAM représentent pour des chercheurs inexpérimentés, ou des chercheurs peu vigilants et qui pourraient être tentés de répondre trop vite, et sans vérification, à des « Call for papers » a priori crédibles (Grey, 2016) (Clemons, 2017) (Mercier, 2018). 

Dans le même temps, lorsque l’on se penche sur la rhétorique des mails d’invitation à publier dans les revues prédatrices – pour le moment très peu abordée par la littérature scientifique – on retrouve précisément les éléments des liens entre sphère académique et extra-académique. Or, lorsque l’on se penche sur les SCAMS (escroqueries commerciales de loteries ou bien encore de rencontres amoureuses), ces derniers sont bien traités dans la littérature. A contrario, les lieux académiques de circulation des SCAMS ne sont jamais pris en compte dans les analyses. Car les contextes académiques imposent leurs arguments et leur terminologie aux SCAMS des revues prédatrices. De fait, ces derniers constituent un angle mort de ce type d’études. Pour autant, au-delà de l’ordre discursif, les stratégies des SPAMS des revues prédatrices partagent, avec les SCAMS, bien des choses.

Les procédés identifiés entre SPAMS des revues prédatrices et SCAMS sont similaires. Telle la rhétorique des marabouts, les SPAMS des revues prédatrices promettent la reconnaissance académique, le prestige, la rapidité de publication, l’impact et la visibilité. 

Extrait d’un SPAM de revue prédatrice

Or, n’avons-nous pas tous reçu dans nos messageries personnelles des SCAMS nous annonçant monts et merveilles ? N’avons-nous pas tous reçu des mails d’héritiers d’anciens princes/ministres/personnage important cherchant une âme charitable qui l’aidera à récupérer le “pactole” dont il a hérité et avec laquelle il le partagera, moyennant bien entendu au préalable, un prêt de ladite âme charitable. N’avons-nous pas tous été accostés à la sortie du Métro par un individu se présentant comme un marabout, capable de nous aider à “regagner l’amour de l’être aimé” pour 30 euros la séance, à raison d’une séance par semaine, pendant 3 mois, avec résultat garanti …

Photo d’un Flyer distribué à la sortie du métro par une personne se présentant comme un marabout

Les SPAMS des revues prédatrices sont donc finalement à la science ce que le SCAMS des malfrats sont à la messagerie de l’honnête citoyen. 

Hameçonnage sociocognitif 

La littérature sur les stratégies rhétoriques des scamers est riche en description quantitative et qualitative des procédés de SPAMS (phase de « hameçonnage ») et de SCAMS (phase d’élaboration d’une relation visant à l’extorsion d’argent) (Auray, 2012). D’abord, les conditions matérielles d’efficacité : les mails, visant à inciter l’engagement des victimes, doivent conjuguer brièveté et activation de représentations favorables à l’amorce d’un échange. Dans les deux cas, donc, l’engagement de la victime ne peut venir que d’elle-même. Le SCAM agit alors comme un message synthétisant un ensemble d’éléments culturels, émotionnels et cognitifs relatifs à une population cible (connue ou endogène du scamer) et favorable à une adhésion au contenu discursif, étape préalable de la relation.

Extrait d’un SPAM de revue prédatrice

La phase du SPAMS vise donc à « faire briller » l’hameçon (Auray, 2012), c’est-à-dire à activer un lot de représentations et de valeurs propres à une communauté (Whitty, 2018) : si la générosité ou la sollicitude sont des valeurs fréquemment invoquées pour inciter les victimes à s’engager dans une relation qui aura pour but l’extorsion d’une somme, dans le cas de la communauté scientifique, ces valeurs doivent non seulement convenir à une représentation idéale du chercheur (i.e. à son ethos scientifique) mais aussi aux attributs de la compétition de la publication scientifique : internationalité, impact, indicateurs d’impact, indexation, pluridisciplinarité, sont des critères quasi systématiques utilisés par les mails de hameçonnage des revues prédatrices.

Extrait d’un SPAM de revue prédatrice

Dans la plupart des cas, les victimes ne présentent pas une connaissance suffisante de la culture de la publication scientifique (Tijdink, 2016), elles sont donc ignorantes de la nature de ces revues et souvent empêtrées dans leurs écologies informationnelles et psychosociales (Beigel, 2014) exacerbées par leur isolement et leur anxiété vis-à-vis d’injonctions et d’une forme de conditionnement pavlovien vis-à-vis du « publish or perish ». 

Les catégories académiques lexicalisées servent de « mines sociocognitives » en ceci qu’elles renvoient non seulement à des aspects valorisés de la publication scientifique mais aussi à la représentation idéale que le chercheur se fait de lui-même et de sa carrière, mettant ainsi en correspondance une attente d’opportunité et de succès avec un moyen rapide de l’obtenir (certaines revues proposent une relecture en 12 heures !). 

Extrait d’un SPAM de revue prédatrice

Comme souvent dans le cas des SCAMS, les commentaires apologétiques font partie intégrante de la stratégie d’hameçonnage et en appellent aux titres (Dear researcher, Dear doctor) autant qu’à la qualité des travaux, avancés comme raison du contact. En d’autres termes, les scammers en appellent à une autopersuasion (Auray, 2012) du chercheur et de la chercheuse qui, mobilisant une image idéalisée de soi sur fond d’espoir de changement (Auray, 2012), se trouveront plus enclins à répondre à une offre qui les valorise comme membres de la communauté scientifique (et ce, sur la base de ses contributions) tout en lui offrant un moyen légitime et légitimant d’en faire valoir de nouvelles. 

Cette « excitation sur fond de déception » (Auray, 2012) ne peut en effet fonctionner qu’à condition qu’il existe une homologie relative entre l’offre et la demande. En d’autres termes, les victimes sont en recherche de légitimation et de valorisation de leur capital scientifique matériel (publications), ce que ces mails prétendent offrir. 

La particularisation de la victime (Dear researcher) n’est pas systématique mais constitue, comme dans le cas des SCAMS, un outil pour créer l’engagement. Elle peut être nominale ou renvoyer à des travaux précédents, mais elle constitue toujours une implication : « parce que vous êtes une chercheuse aux travaux de qualité, nous vous avons contacté afin de publier vos travaux ». Dans les deux cas, SCAMS d’extorsion et revues prédatrices, les raisons du contact sont exposées via des commentaires apologétiques, avant d’être mises en correspondance avec une situation (ex : péril financier Vs. recherche d’articles) qui apparaît comme thème du mail. 

La dissimulation de l’intention frauduleuse des revues prédatrices passe par un processus d’omission nécessaire au succès de l’hameçonnage : moyenne de phrases et de mots plus longue que celles des revues « authentiques », mention de reviewers dont les mails « .edu » sont absents – qui parfois n’existent même pas -, complexité linguistique moins importante (Markowitz et al., 2014 ; Soler et al., 2018). Ces éléments sont comparables aux rhétoriques des scammers dont le langage ampoulé vise à rassurer la victime en lui suggérant un interlocuteur répondant à des critères de prestige ou présentant un jargon évoquant des dispositions techniques. 

Dans les différents cas dont nous disposons, l’absence de narration et la brièveté des mails – qui n’est pas étrangère à la pauvreté de l’anglais – fait reposer l’essentiel de ce mécanisme sur les éléments linguistiques et socio-cognitifs décrits plus haut. Elle vise à compenser l’inauthenticité par un effet de légitimité ostentatoire (i.e. la mention répétée de standards internationaux de l’édition scientifique légitime : numéro ISSN, Indicateurs d’impact (le Facteur Impact étant l’élément le plus souvent mis en avant), multiplication des bases de données internationales d’indexation, internationalité des comités éditoriaux et des reviewers, …).

Hameçonnage sémiotique 

L’ostentation que nous venons de souligner se retrouve y compris dans la sémiotique des mails. Véritable dispositif de textualisation des pratiques sociales (Souchier, 2012), le mail véhicule les stratégies malhonnêtes des éditeurs prédateurs à travers des marqueurs communs.

L’architecture des spams des revues prédatrices ressemble à celle des spams publicitaires. Les codes utilisés convergent sur quatre points : l’usage d’une multiplicité de police et de taille d’écriture, l’usage de la couleur rouge pour mettre les éléments clés en valeur, la présentation des « produits » ou des « services » sous forme de tableaux ou de liste à puces, et la présence constante du bouton « Unsubscribe » suggérant que le mail a été envoyé via une liste de diffusion. 

La visée commerciale est donc bien présente à la différence près qu’il s’agit ici d’escroquerie. Néanmoins, s’adressant à un public aguerri, ces marqueurs dénotent une forme d’amateurisme qui pourrait en intriguer plus d’un. Le manque de cohérence des polices d’écriture, l’agressivité de la couleur rouge, la mise en valeur des services proposés ne renvoient pas aux codes standardisés de la publication scientifique.  

Cette mise en valeur des services est d’autant plus appuyée qu’elle ne se contente pas seulement de l’usage de la couleur rouge mais a également recours au surlignage jaune.

Extrait d’un SPAM de revue prédatrice

Le fait d’accentuer, de mettre en valeur, de rendre visible, est au cœur des pratiques des éditeurs prédateurs dans leur usage du SPAM. Cette accentuation passe en outre par l’usage des marqueurs discursifs de la publication scientifique : peer review, Impact Factor, Call for papers, … mais aussi par ceux de sa marchandisation et de son accélération : quick and quality, fastest, best indexed, within 24hours… Ici encore les objectifs sont clairs : ruser et « vendre ». 

La correspondance a toujours été considérée comme une intrusion dans l’espace intime du destinataire. Les mails des éditeurs prédateurs agissent en ce sens ; ils pénètrent la sphère personnelle des chercheurs en mimant une relation de proximité grâce à des marqueurs clés dans le seul but de les hameçonner. L’usage à outrance des signes passeurs (Souchier, 1998), des liens hypertextes, rejoint cette approche.  Ils sont pour autant utilisés de manière arbitraire, dispersés au sein des mails sans se soucier d’une éventuelle perte d’attention. Car l’objectif est simple : inciter le destinataire à agir, à cliquer sur « Reply ». Il vise ainsi à déplacer l’usager vers l’espace numérique de la revue prédatrice, le plus souvent un site web, ou bien encore l’espace de soumission des articles. Et le tour est joué !

Les revues prédatrices, nouveau champ d’action de la cybercriminalité 

L’homologie stricte qui existe entre SCAMS et SPAM de revues prédatrices devrait suffire à extirper ces dernières du giron moral du discours scientifique pour mieux les insérer dans la trivialité des pratiques numériques et de l’exploitation criminelle d’internet. 

Les mails des revues profitent ainsi de l’anomie créée par la marchandisation de la publication scientifique (Gingras, 2018) pour former une niche dans le phénomène de l’escroquerie sur Internet. La surreprésentation des pays du Sud parmi les éditeurs de ces revues (Saint-Martin, 2018) comme parmi les émetteurs de SCAMS laisse ainsi suggérer une nature plus structurelle du phénomène, relevant davantage d’une analyse géo-politique de la publication scientifique (périphérie et centre), mais également d’une sociologie de la criminalité (Beigel, 2014) (Allman, 2019).

Ainsi, le défi épistémologique de l’analyse et de la compréhension du phénomène de la prédation dans le champ de la publication scientifique consiste d’abord à restituer ses origines et son ancrage dans un champ social. De même qu’à la lumière de cette compréhension, la question de recherche s’orientera plus dans l’identification des caractéristiques spécifiques du phénomène. 

Références 

Allman D., 2019. Pseudo or perish: problematizing the ‘predatory’ in global health publishing, Critical Public Health, 29, 4, 413-423, https://doi.org/10.1080/09581596.2019.1606417

Auray, N. (2012). Manipulation à distance et fascination curieuse Les pièges liés au spam. Réseaux, 171(1), 103–132. https://doi.org/10.3917/res.171.0103

Beigel, F. (2014). Publishing from the periphery: Structural heterogeneity and segmented circuits. The evaluation of scientific publications for tenure in Argentina’s CONICET. Current Sociology, 62(5), 743–765. https://doi.org/10.1177/0011392114533977

Boukacem-Zeghmouri C., Rakotoary S., Bador P. (2022) La prédation dans le champ de la publication scientifique : un objet de recherche révélateur des mutations de la communication scientifique ouverte. Nat. Sci. Soc., 29, 4, 382-395.

Clemons, M., de Costa e Silva, M., Joy, A. A., Cobey, K. D., Mazzarello, S., Stober, C., & Hutton, B. (2017). Predatory Invitations from Journals: More Than Just a Nuisance? The Oncologist, 22(2), 236–240. https://doi.org/10.1634/theoncologist.2016-0371

Gingras, Y. (2018). Les transformations de la production du savoir : de l’unité de connaissance à l’unité comptable. Zilsel, 4(2), 139–152. https://doi.org/10.3917/zil.004.0139

Grey, A., Bolland, M. J., Dalbeth, N., Gamble, G., & Sadler, L. (2016). We read spam a lot: Prospective cohort study of unsolicited and unwanted academic invitations. BMJ (Online), 355. https://doi.org/10.1136/bmj.i5383

Grudniewicz A.et al., 2019. Predatory journals: no definition, no defence, Nature, 576, 210-212, https://doi.org/10.1038/d41586-019-03759-y 

Krawczyk, F., & Kulczycki, E. (2021). On the geopolitics of academic publishing: the mislocated centers of scholarly communication., 4(1). https://doi.org/10.1080/25729861.2021.1984641

Ibrahim, S. (2016) Social and contextual taxonomy of cybercrime : socioeconomic theory of Nigerian cybercriminals, International journal of Law, Crime and Justice, 47, 44-57 

Larousserie, D. (2018) La France fait partie des gros contributeurs aux revues scientifiques douteuses. Le Monde, Juillet 2018. Disponible ici.

Markowitz, D.et al, (2014). The writing style of predatory publishers. 121St ASEE Annual Conference & Exposition, juin 2014, Indianapolis, IN, 23.

Mercier, E., Tardif, P. A., Moore, L., Le Sage, N., & Cameron, P. A. (2018). Invitations received from potential predatory publishers and fraudulent conferences: A 12-month early-career researcher experience. Postgraduate Medical Journal, 94(1108), 104–108. https://doi.org/10.1136/postgradmedj-2017-135097

Merton, R. (1973). The sociology of science: theoretical and empirical investigations. University of Chicago Press.

Miège, B. (2020). La numérisation en cours de la société. Points de repères et enjeux. Presses Universitaires de Grenoble. 

Tijdink, J. K., Schipper, K., Bouter, L. M., Pont, P. M., De Jonge, J., & Smulders, Y. M. (2016). How do scientists perceive the current publication culture? A qualitative focus group interview study among Dutch biomedical researchers. BMJ Open, 6(2). https://doi.org/10.1136/bmjopen-2015-008681

Saint-Martin, A. (2018). L’édition scientifique « piratée ». Passage en revue et esquisse de problématisation. Zilsel, 4, 179-202. https://doi.org/10.3917/zil.004.0179

Soler, J.et al, (2019) Unexpected Emails to submit your work : spam or legitimate offers ? The implications for Novice English L2 writers, Publications, 7, 11, https://doi.org/10.3390/publications7010007

Souchier, E. (2012). La «lettrure» à l’écran. Communication langages, (4), 85-108.

Souchier, E. (1998). L’image du texte pour une théorie de l’énonciation éditoriale. Les Cahiers de médiologie, (2), 137-145.

Whitty, M. (2018) Do you love me ? Psychological characteristics of romance scam victims. Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, 21, 105-109. https://doi.org/10.1089/cyber.2016.0729

Les éditeurs prédateurs présentés par le prisme de leurs représentations

Les éditeurs prédateurs sont aujourd’hui largement présents sur la scène de la publication scientifique. Profitant du déploiement du modèle Gold Open Access « auteur-payeur », qui introduit une dimension transactionnelle entre l’auteur et l’éditeur de la revue, ils sont toujours à la recherche de chercheurs, jeunes et moins jeunes. Ces derniers, désireux de compléter leur liste de publications de leur CVs pour répondre aux critères de l’évaluation, sont les victimes flouées ou consentantes d’une nouvelle forme de prédation. 

Les éditeurs prédateurs sont des entités qui se disent scientifiques, qui prétendent à la publication des résultats de la recherche en Libre Accès, faisant croire qu’ils pratiquent pour leurs revues les règles de l’évaluation par les pairs. Ils sont plutôt à la recherche d’une source de revenus facile à travers les Article Processing Charge – APC, les coûts que paient les chercheurs pour publier dans une revue en Gold Open Access. Or, les éditeurs prédateurs ne s’embarrassent pas de « zapper » l’étape « Peer Review » ou à tout le moins de la bâcler, n’apportant de fait aucune valeur ajoutée aux articles qu’ils se contentent de diffuser sur leur site web. 

Ces éditeurs sont aujourd’hui repérés et recensés. La liste de Jeffrey Beall, un bibliothécaire américain, en a été pionnière. Aujourd’hui, la liste noire Cabells est l’une des plus connues. Elle « livre » les titres des revues à éviter, selon des critères établis. 

Tirer le portrait des éditeurs prédateurs 

Une des caractéristiques du sujet est que les articles (de recherche ou d’opinion) et les billets qui couvrent le phénomène sont souvent accompagnés d’illustrations, de dessins, voire de caricatures. Se pencher sur ces illustrations est une entrée intéressante pour rendre compte de la compréhension et des représentations véhiculées par les éditeurs prédateurs. 

Ainsi, à partir d’une approche sémiotique (Barthes, 1964), nous nous sommes attelés à décrypter ces illustrations en rapport (ou non) avec leur article source. Pour ce faire, nous avons catégorisé trois principaux types de messages véhiculés par ces articles : 

  • le message linguistique qui représente la structure significative de l’illustration,
  • le message littéral ou le message codé (le signifié), 
  • le message symbolique qui renvoie à un message analogique (connotation).

Cette démarche nous a donc permis de catégoriser les représentations qui circulent autour de ces éditeurs prédateurs.

Prédateur : un appellation explicite…

Dans toutes les illustrations recueillies, l’image du prédateur est revenue sous différentes formes, dont quelques uns des plus grands prédateurs du monde animal : le requin et le reptile (illustations n°1 et n°2) ont souvent été utilisées. 

Le requin est un prédateur qui traque sa proie sans relâche et qui rôde discrètement. Le reptile, pour sa part, est un prédateur qui se fond dans la masse, qui s’adapte à son univers et qui peut aussi changer de forme au gré de son environnement. Il a de longues griffes et s’accroche à ses proies…à coup d’e-mails frauduleux, désormais qualifiés de spams.

Ce choix de représentations n’est pas anodin, les éditeurs prédateurs usent des mêmes stratégies pour atteindre leurs « proies ». Ils tentent de prendre l’allure des éditeurs légitimes ayant pignon sur rue, ou bien de presses universitaires prestigieuses.

Un monde trop grand, trop brouillé, pour les distinguer 

Dans le parallèle qui est fait avec les animaux prédateurs, les illustrations (n°3, n°4, et n°5) représentent souvent la mer, voire l’océan…du Libre Accès, où les barrières sont abolies, et les repères brouillés.

Le monde de la publication scientifique a en effet connu un essor important avec le développement de l’offre de contenus en Libre Accès et la prolifération des plateformes numériques sur le Web. Nous connaissons aujourd’hui en effet un plus large et plus libre accès à la connaissance scientifique en comparaison aux décennies passées. 

Pourtant, dans ce vaste océan de la communication scientifique numérique en transformation, et à travers ces nouvelles règles qui régissent l’accès à la connaissance, les règles sont déstabilisées et le danger est omniprésent. Les chercheurs ne sont donc pas toujours armés pour distinguer les prédateurs. 

En attendant, ces derniers circulent et pénètrent les cercles académiques, prenant diverses formes pour approcher leur proie. Cela est littéralement représenté par l’illustration n°3 qui nous montre un prédateur (le requin) qui prend la forme inoffensive d’un poisson rouge… ce n’est pas sans nous rappeler le phénomène de Hijacking identifié il y a quelques années, par les revues légitimes se faisaient usurper leur identité. 

Chercheurs et éditeurs prédateurs : la prédateur et la proie 

Un constat nous permet également de mettre en exergue la représentation de la relation entre chercheur (la victime) et éditeur (le prédateur), qui est une relation dyadique renvoyant à celle du prédateur et de sa proie. Ce parallèle est représenté de manière particulièrement frappante dans un premier temps par le loup et l’agneau (illustration n°6). Cela renvoie au chasseur et à sa proie, à la naïveté face à la cupidité, au rapport de force inégal, à la raison du plus fort … 

Les chercheurs, pensent contribuer à la science, diffuser leurs travaux, et se retrouvent empêtrés dans les filets des fausses et trompeuses promesses qui leur sont faites (d’évaluation par des experts, de publication légitime, …). 

Une autre illustration (n°7) renvoie à celle du chat et de la souris, avec toujours cette idée de prédateur et de proie, mais dans une autre optique. La proie se faufile, déjoue parfois les tours du chasseur et se cache pour se protéger. Preuve que les chercheurs commencent à comprendre les stratégies des éditeurs prédateurs… 

Les auteurs : tous victimes « à l’insu de leur plein gré » ?

L’illustration n°8 qui rappelle l’image du chercheur isolé et solitaire travaillant dans son coin soulève la question du consentement du chercheur. En effet, les processus de publication tout autant que les différentes catégories d’éditeurs et de revues restent floues. Ainsi, la solitude que peut vivre ou ressentir le chercheur dans son travail le fait parfois plonger directement dans les pièges des éditeurs prédateurs…et perdre ainsi tous les fruits de ses efforts. 

Jusque-là, on a considéré les chercheurs comme des victimes face à la montée en puissance des éditeurs prédateurs. En effet, d’un jour à l’autre ces derniers se trouvent sollicités de toutes part au regard de « l’excellence » de leurs travaux. Néanmoins, pour d’autres chercheurs, la compétitivité au sein du milieu académique et les charges importantes d’enseignement et d’administration, mettent à mal la qualité et l’intégrité de la production scientifique. Les éditeurs prédateurs peuvent alors représenter une solution de facilité, voire une alternative. 

Nous comprenons d’autant plus sur cette représentation (illustration n°1) du chercheur désemparé devant l’injonction productiviste de la publication. Il peut être amené à se laisser prendre par la vague des éditeurs prédateurs qui inonde un univers de la publication scientifique en reconfiguration.  

Alors que l’édition prédatrice quitte les colonnes des faits divers de la publication Open Access pour devenir un objet de recherche approché par des tentatives de problématisation et des méthodes adaptées, l’entrée sémiotique permet de rendre compte quelques unes des représentations agitent la communauté scientifique. Elle rend intelligible le type de questionnements qui accompagnent les premiers travaux de recherche adressant ce qui semble se confirmer comme le fléau de la publication Open Access. 

Sarah Rakotoary

Sarah Rakotoary

Biographie

Sarah RAKOTOARY est docteure en sciences de l’information et de la communication rattachée au laboratoire Gresec (Groupe de recherche sur les enjeux de la communication) de l’Université Grenoble Alpes. Elle s’intéresse aux pratiques infocommunicationnelles des communautés particulières, notamment des populations en mouvement que représentent les diasporas. Ses travaux de recherche portent sur les plateformes numériques, en s’intéressant notamment aux formes et aux pratiques des usagers. Elle travaille également sur les modalités d’émergence des communautés en ligne.

Publications

Rakotoary, S. (2019). JoVE ou l’avènement d’une nouvelle niche d’éditeurs médiatiques.Dans Boukacem-Zeghmouri, C., et Rodriguez Bravo, B. (coord). Dossier thématique : L’information scientifique, à l’épreuve de sa médiatisation. Les enjeux de la communication.

Rakotoary, S. (2019). Usages de Facebook dans l’évènementialisation de la construction d’une communauté transnationale. Dans Bérubé, F., Bouchard, C., et Bourassa-Dansereau, C. (coord). Dossier : Communication internationale et interculturelle : mondialisation et dimensions politiques. Communiquer : revue de communication sociale et publique, 24.Disponible à l’adresse : http://journals.openedition.org/communiquer/4000

Rakotoary, S. (2019). Réseau socionumérique et reconfigurations médiatiques : le cas de la diaspora connectée malgache. Dans F., Daghmi, F., et Amsidder A. (coord). Migration/immigration et réseaux numériques : formes et modalités de la mise en visibilité de la différence. Refsicom, 7.

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Hugo Castaneda

Biographie

Hugo CASTANEDA est ingénieur en intelligence artificielle et travaille actuellement en chez AIbstract où il effectue des travaux de recherche dans le domaine de la génération musicale. Son parcours s’oriente majoritairement vers de l’étude des approches symboliques de l’intelligence artificielle notamment pour rapprocher les processus d’analyse et d’apprentissage de ceux de la compréhension humaine pour un modèle de connaissances plus fiable et pertinent. Ses travaux s’articulent autour des disciplines de l’IA développemental et de l’ingénierie des connaissances. De récentes collaborations avec le domaine des Altmetrics l’ont amené à utiliser des techniques de récolte et de modélisation de l’information dans le cadre d’analyses statistiques pour l’évaluation de la production scientifique.

Publications

Chudyk, C., Castaneda, H., Leger, R., Yahiaoui, I., & Boochs, F. (2015, October). Development of an automatic pollen classification system using shape, texture and aperture features.

Castaneda, H. (2019, August). Babble is an Architecture Based on Bottom-up Learning Experts (BABBLE)

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Heidi Gautschi

Biographie

Heidi GAUTSCHI est professeure associée en éducation aux médias à la Haute École Pédagogique HEP de Vaud. Avant de rejoindre la HEP Vaud, elle a été collaboratrice scientifique à EPFL et professeure assistante à Lesley University à Cambridge, Massachusetts. Sa recherche se porte sur les technologies de communication contemporaine et historique dans l’optique de mieux comprendre l’interaction société-technique.

Publications

Tucci, Christopher, Viscusi, Gianluigi, Gautschi, Heidi. “Translating Science Into Business Innovation: The Case of Open Food and Nutrition Data Hackathons.” Frontiers in Nutrition, volume 5, 2018.  

Gautschi, Heidi. “Des femmes, des sciences et des technologies : une analyse textuelle de Bitch (2000-2015).” Itinéraires, mars 2018. (https://journals.openedition.org/itineraires/3795) 

Gautschi, Heidi et Gianluigi Viscusi. “Valuation, Recognition, and Signaling in the digital public sphere: the TED Talk ranking ecosystem.” Digital Marketplaces, Springer, novembre, 2017.

Tucci, Christopher, Heidi Gautschi and Gianluigi Viscusi. Switzerland’s Digital Future: Facts, Challenges, Recommendations. Recherche financée par Swisscom, avril, 2016. (https://www.swisscom.ch/content/dam/swisscom/en/about/sustainability/digital-switzerland/documents/epfl-study-long-version.pdf)

Gautschi, Heidi et David Gautschi. Technological Innovation and Economic Transformation: A Method for Contextual Analysis. New York : Palgrave MacMillan, 2016. (https://www.palgrave.com/gp/book/9781137548689)

Dancing with Digital Natives: Staying in Step with the Generation That’s Transforming the Way Business is Done. Dirigé par Heidi Gautschi et Michelle Manafy. Medford, NJ: Cyberage Books, 2012.

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Marc Bertin

Biographie

Marc BERTIN est MCF à l’Université Claude Bernard Lyon, département d’informatique et rattaché au Laboratoire ELICO. Il est également membre de l’IXXI, l’Institut rhônalpin des systèmes complexes et responsable de la licence Pro Données et Informations Scientifiques et Techniques. Ses travaux portent sur la problématique des contextes de citation dans les articles scientifiques, dans leurs dimensions linguistiques (lexicale et sémantique), distributionnelles (positionnelle et temporelle), organisationnelles (graphes). Il est actuellement rédacteur adjoint pour la revue de Frontiers in Research Metrics and Analytics – Text-mining and Literature-based Discovery. 

Publications

Iana Atanassova, Marc Bertin, Philipp Mayr. Editorial: Mining Scientific Papers: NLP-enhanced Bibliometrics. Frontiers in Research Metrics and Analytics, Frontiers Media, 2019, 4, ⟨10.3389/frma.2019.00002⟩. ⟨hal-02124876⟩

Chérifa Boukacem-Zeghmouri, Marc Bertin, Guillaume Cabanac. “Agence Nationale de la Recherche – ANR” French National Funding Agency Thematic variations and auctorial foresights. European Society for the History of Science Biennial Conference 2018 in conjunction with the British Society for the History of Science, Sep 2018, London, United Kingdom. ⟨hal-01940319⟩

François Rey, Marc Bertin, Iana Atanassova. Une étude de l’incertitude dans les textes scientifiques : vers la construction d’une ontologie. TOTh 2018 Terminology & Ontology: Theories and applications, Jun 2018, Chambéry, France. ⟨hal-01755245⟩

Marc Bertin, Iana Atanassova. InTeReC: In-text Reference Corpus for Applying Natural Language Processing to Bibliometrics. 7th International Workshop on Bibliometric-enhanced Information Retrieval (BIR 2018) to be held as part of the 40th European Conference on Information Retrieval (ECIR), Mar 2018, Grenoble, France. ⟨hal-01742178⟩

Marc Bertin, Iana Atanassova. The context of multiple in-text references and their signification. International Journal on Digital Libraries, Springer Verlag, 2017, ⟨10.1007/s00799-017-0225-7⟩. ⟨hal-01742173⟩

Marc Bertin, Iana Atanassova, Yves Gingras, Vincent Larivière. The invariant distribution of references in scientific articles. Journal of the Association for Information Science and Technology, ASIS&T/Wiley, 2016, 67 (1), pp.164 – 177. ⟨10.1002/asi.23367⟩. ⟨hal-01742169⟩

Iana Atanassova, Marc Bertin. Temporal Properties of Recurring In-text References. D-Lib Magazine, Corporation for National Research Initiatives, 2016, 22 (9/10), ⟨10.1045/september2016-atanassova⟩. ⟨hal-01742167⟩

Marc Bertin, Iana Atanassova, Cassidy Sugimoto, Vincent Larivière. The linguistic patterns and rhetorical structure of citation context: an approach using n-grams. Scientometrics, Springer Verlag, 2016, 109 (3), pp.1417 – 1434. ⟨10.1007/s11192-016-2134-8⟩. ⟨halshs-01742166⟩

Marc Bertin, Iana Atanassova. Multiple In-text Reference Phenomenon. Workshop on Bibliometric-enhanced Information Retrieval and NLP for Digital Libraries (BIRNDL2016) co-located with the Joint Conference on Digital Libraries 2016 (JCDL), Jun 2016, Newark, NJ, United States. pp.14-22. ⟨hal-01885074⟩

Marc Bertin, Iana Atanassova, Vincent Larivière, Yves Gingras. Mapping the linguistic context of citations. Bulletin of the American Society for Information Science and Technology, Association for Information Science and Technology (ASIS&T), 2015, 41 (2), pp.26-29. ⟨hal-01771463⟩

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Hans Dillaerts

Biographie

Hans DILLAERTS est MCF en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 où il est responsable de la licence professionnelle Dispositifs de gestion et de diffusion de l’information numérique et du M2 MEEF parcours Documentation. Il est directeur du département Information Documentation – (ITIC) et membre de l’équipe de recherche LERASS-CERIC. Ses thématiques de recherche s’articulent, depuis sa thèse de doctorat, autour des modes de production, de médiatisation et de diffusion des savoirs scientifiques. Elles s’inscrivent dans une approche socio-économique de l’information scientifique et technique. Il anime deux sites web dédiés à ses thématiques, InfoDoc MicroVeille https://microblogging.infodocs.eu/https://dlis.hypotheses.org/

Publications

Chérifa Boukacem-Zeghmouri, Hans Dillaerts, Thierry Lafouge, Pascal Bador, Aude Sauer-Avargues. French publishing attitudes in the open access era: The case of mathematics, biology, and computer science. Learned Publishing, Association of Learned and Professional Society Publishers, 2018, 31 (4), pp.345 – 354. ⟨10.1002/leap.1169⟩. ⟨hal-01891002⟩

Catherine Muller, Hans Dillaerts, Benoît Epron. DLIS, carnet de recherche partagé : Un espace éditorial à la croisée des sciences de l’information et des bibliothèques. Bulletin des bibliothèques de France, Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques (ENSSIB), 2018, pp.78-87. ⟨sic_01902999⟩

Hans Dillaerts. Ouverture et partage des résultats de la recherche dans l’économie de la connaissance européenne : Quelle(s) liberté(s) de circulation pour l’IST?. Communication et Management, Eska, 2017, Économie des connaissances, 14 (1), ⟨10.3917/comma.141.0039⟩. ⟨sic_01716543⟩

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Pascal Bador

Biographie

Pascal BADOR est MCF – HDR en Sciences de l’Information appliquées au domaine de la Santé à l’Institut des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques-Faculté de Pharmacie de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Membre de l’équipe d’accueil ELICO (Équipe de recherche de Lyon en sciences de l’Information et de la COmmunication, EA 4147). Ses thèmes de recherche portent sur l’analyse des usages et des pratiques des chercheurs vis-à-vis des nouveaux modes de publication scientifique (retour sur investissement, open access, outils numériques, revues prédatrices) aux moyen de méthodes bibliométriques. 

Publications

Boukacem-Zeghmouri Chérifa, Dillaerts Hans, Lafouge Thierry, Bador Pascal, Sauer-Avargues Aude. French publishing attitudes in the open access era: The case of mathematics, biology, and computer science. Learned Publishing. octobre 2018. Vol. 31, n° 4, p. 345‑354. DOI 10.1002/leap.1169 

Boukacem-Zeghmouri Chérifa, Bador Pascal, Lafouge Thierry, Prost Hélène. Relationships between Consumption, Publication and Impact in French Universities in a value perspective: A Bibliometric Analysis . Scientometrics, 2016, 106 (1), pp.263-280.  

Bador Pascal, Lafouge Thierry. Collaboration scientifique et citations des articles : Quelles pratiques dans les revues médicales ?. Thérapie, 2012, 67 (6), pp.505-513. 

Bador Pascal, Lafouge Thierry. Comparative analysis between impact factor and h-index for psychiatry journals. Canadian Journal of Information and Library, 2011, 35 (2), pp.109-121.

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Chérifa Boukacem-Zeghmouri

Responsable de l’étude

Chérifa BOUKACEM-ZEGHMOURI est professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Lyon 1 (Département Informatique) et membre de l’Équipe Lyonnaise en Information Communication (ELICO 4147). S’appuyant au cadre théorique des industries culturelles et créatives, ses travaux de recherches analysent les mutations de la communication scientifique entre pairs, vers des modèles ouverts et collaboratifs. Les nouvelles formes de production, de circulation, d’évaluation et de légitimation de la recherche scientifique constituent ses principales thématiques de recherche. Elle a, dans ce champ, employé des approches qualitatives et bibliométriques qu’elle mobilise de manière séparée ou articulée. Elle a publié dans des revues nationales et internationales, organisé des évènements scientifiques et participé à la publication de deux ouvrages. Elle a également porté et participé à plusieurs projets de recherche nationaux et internationaux (financements publics et privés) dont les thématiques relèvent de l’économie politique de la publication scientifique. Enfin, elle est-co-pilote du groupe « Evaluation », du Comité pour la Science Ouverte (COSO). 

Publications

David Nicholas, Cherifa Boukacem-Zeghmouri, Abdullah Abrizah, Blanca Rodríguez-Bravo, Jie Xu, Marzena Świgon, Anthony Watkinson, Eti Herman (2019). Open science from the standpoint of the new wave of researchers: Views from the scholarly frontline. Information Service & Use,  Pre-press, pp. 1-6,. DOI: 10.3233/ISU-190069

Boukacem‐Zeghmouri, Chérifa; Berthaud, C. (2019). The Stakes of Repositories and Bibliodiversity: Community Approaches. In Electronic Publishing Conference – ElPub. Marseille Juin 2019

Nicholas, D., Boukacem-Zeghmouri, C., Xu, J., Herman, E., Clark, D., Abrizah, A., Świgoń, M. (2018). Sci-Hub: The new and ultimate disruptor? View from the front. Learned Publishing. https://doi.org/10.1002/leap.1206

Nicholas, D., Watkinson, A., Boukacem‐Zeghmouri, C., Rodríguez‐Bravo, B., Xu, J., Abrizah, A., Herman, E. (2019). So, are early career researchers the harbingers of change? Learned Publishing, https://doi.org/10.1002/leap.1232.

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Bienvenue sur PAPERS

Ce carnet vise à rendre compte et à mettre en discussion les travaux d’un projet de recherche qui traite de l’édition prédatrice et de ses développements les plus récents. Ces travaux sont organisés en projet, désigné par l’acronyme PAPERS (PredAtory PublishErs ReSearch), porté par un petit collectif de chercheurs en sciences de l’information et de la communication et en informatique. Le carnet a donc pour objectif d’entrer dans une démarche de science ouverte, où le cycle de la recherche en cours est soumis à discussion.

Le carnet véhiculera des réflexions et des analyses pluridisciplinaires autour du phénomène de l’édition prédatrice, en vue d’en faire un objet de recherche susceptible de donner à voir des éléments propres aux mutations de la communication scientifique.

Outre le sujet en tant que tel, le processus de problématisation, la définition des hypothèses investies et la mise en œuvre des méthodes adéquates feront partie des questions qui seront abordées et débattues au sein de ce blog.

De manière inédite, les aspects sociaux et ethnographiques identifiés à la pratique de la prédation seront particulièrement traités et proposés en débat pour une meilleure compréhension de leurs interactions avec des modèles existants et considérés comme légitimes.

Les contenus envisagés sont :

  • Billets de réflexions autour des concepts et des approches employées pour traiter des formes de la prédation dans l’édition scientifique
  • Billets autour des problématiques développées et des hypothèses investies
  • Billets de commentaires sur des résultats intermédiaires de l’étude et leur interprétation
  • Billets sur des travaux publiés par d’autres équipes sur la question
  • Billets sur des actualités ou des évènements autour du sujet
  • Retranscriptions d’entretiens réalisés avec des spécialistes français et étrangers, avec une régularité mensuelle

Les publics attendus sont :

  • Des étudiants en Master et doctorants qui visent une carrière académique, souhaitent mieux connaître le monde de l’édition scientifique et qui se retrouvent être les cibles premières des éditeurs prédateurs
  • Des chercheurs et des enseignants chercheurs, intéressés à s’informer sur l’actualité de la communication scientifique, de ses opportunités et de ses risques.
  • Des bibliothécaires et des professionnels de l’information
  • Des éditeurs (editors et/ou publishers) intéressés à mieux comprendre la prédation dans l’environnement de l’édition numérique, ses formes et ses mécanismes.
  • Des citoyens intéressés aux actualités de l’édition scientifique, ou bien informés par les médias du phénomène.

A l’issue du projet, le carnet de recherche poursuivra ses activités pour accueillir de nouvelles recherches articulées aux mutations de la communication scientifique vers des modèles ouverts et collaboratifs.